PTZ : définition, conditions et fonctionnement du Prêt à Taux Zéro

Le PTZ (Prêt à Taux Zéro) est un prêt immobilier sans intérêts destiné à faciliter l’accession à la propriété des ménages éligibles. Accordé sous conditions de ressources et en complément d’un autre financement, il peut permettre de financer une partie de l’achat ou de la construction d’une résidence principale. Cette page vous explique le fonctionnement du PTZ, ses conditions d’éligibilité, les logements concernés, son montant, sa durée de remboursement et son intégration dans un plan de financement immobilier.

Mis à jour en août 2026 — Rédaction Les Experts du Patrimoine

Le PTZ, ou Prêt à Taux Zéro, est un dispositif public destiné à faciliter l’accession à la propriété des ménages disposant de revenus modestes ou intermédiaires. Il permet de financer une partie de l’achat ou de la construction d’une résidence principale avec un crédit dont le taux d’intérêt est fixé à 0 %.

Le capital emprunté doit donc être remboursé, mais l’emprunteur ne paie pas d’intérêts sur la somme financée par le PTZ. Le dispositif peut ainsi réduire sensiblement le coût global d’un projet immobilier lorsqu’il est intégré à un financement associant prêt bancaire classique, apport personnel et éventuellement d’autres prêts aidés.

Depuis le 1er avril 2025, le PTZ a été considérablement élargi : l’acquisition ou la construction d’un logement neuf peut désormais être financée sur l’ensemble du territoire français, qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison individuelle. Le dispositif est actuellement prévu jusqu’au 31 décembre 2027.

Qu’est-ce que le PTZ ?

Le Prêt à Taux Zéro est un prêt immobilier aidé par l’État destiné principalement aux personnes qui achètent leur résidence principale pour la première fois.

Il présente trois caractéristiques essentielles :

  • son taux d’intérêt est de 0 % ;
  • il est accordé sous conditions de ressources ;
  • il ne peut financer qu’une partie du coût total de l’opération.

Le PTZ doit donc obligatoirement être complété par un ou plusieurs autres financements, par exemple :

  • un prêt immobilier classique ;
  • un prêt Action Logement ;
  • un prêt d’accession sociale ;
  • un apport personnel ;
  • certains prêts complémentaires proposés par les banques ou collectivités.

Sa durée totale peut atteindre 25 ans, avec, selon les revenus du ménage, une période pendant laquelle aucun remboursement du PTZ n’est encore demandé.

Le PTZ en quelques chiffres

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est l’un des principaux dispositifs publics destinés à faciliter l’accession à la propriété des ménages modestes et intermédiaires. En 2025, près de 67 000 PTZ devaient être accordés en France, contre environ 45 000 en 2024, soit une progression attendue de près de 49 %. Le coût net du dispositif pour les finances publiques était estimé à environ 1,35 milliard d’euros. Depuis le 1er avril 2025, le PTZ peut financer l’achat d’un logement neuf sur l’ensemble du territoire français. Selon les revenus du ménage et le type de logement, il peut représenter jusqu’à 50 % du coût de l’opération pour un appartement neuf et jusqu’à 30 % pour une maison individuelle neuve.

Qui peut bénéficier du PTZ ?

Le PTZ s’adresse principalement aux primo-accédants, c’est-à-dire aux personnes qui ne sont pas propriétaires de leur résidence principale.

La condition de primo-accession

En principe, l’emprunteur ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l’offre de prêt.

Cette condition connaît néanmoins certaines exceptions, notamment lorsque l’emprunteur ou l’une des personnes destinées à occuper le logement est en situation de handicap ou lorsque l’ancienne résidence principale est devenue définitivement inhabitable à la suite d’une catastrophe.

Des conditions de ressources

Le PTZ est réservé aux ménages dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds.

Ces plafonds dépendent :

  • du nombre de personnes destinées à occuper le logement ;
  • de la zone géographique du bien.

Les ressources prises en compte correspondent notamment au revenu fiscal de référence de l’année N-2 des personnes qui occuperont le logement.

Quels sont les plafonds de revenus du PTZ ?

Les plafonds actuellement applicables varient selon quatre grandes zones géographiques : A, B1, B2 et C.

À titre d’exemple, pour une personne seule, le plafond annuel de ressources est de :

  • 49 000 € en zone A ;
  • 34 500 € en zone B1 ;
  • 31 500 € en zone B2 ;
  • 28 500 € en zone C.

Pour un foyer de quatre personnes, ces plafonds atteignent respectivement :

  • 102 900 € en zone A ;
  • 72 450 € en zone B1 ;
  • 66 150 € en zone B2 ;
  • 59 850 € en zone C.

Il est donc nécessaire de connaître à la fois la composition du foyer et la zone du futur logement pour déterminer l’éligibilité au dispositif.

Quels logements peuvent être financés avec un PTZ ?

Le champ d’application du PTZ dépend de la nature du logement.

Acheter un logement neuf

Depuis le 1er avril 2025, le PTZ peut financer l’acquisition ou la construction d’un logement neuf sur l’ensemble du territoire français.

Il concerne désormais aussi bien :

  • les appartements neufs ;
  • que les maisons individuelles neuves.

Cette extension constitue une évolution majeure du dispositif, qui était auparavant davantage limité géographiquement pour le neuf.

Acheter un logement en VEFA

La VEFA, ou Vente en l’État Futur d’Achèvement, peut être financée avec un PTZ dès lors que l’acquéreur et l’opération respectent les différentes conditions du dispositif.

Le PTZ est donc fréquemment intégré dans le montage financier d’un premier achat immobilier neuf.

Acheter un logement ancien

Le PTZ peut également financer l’acquisition d’un logement ancien, mais dans des conditions plus restrictives.

Le logement doit notamment être situé dans une zone B2 ou C et nécessiter des travaux répondant aux critères prévus par la réglementation, notamment en matière de coût et de performance énergétique.

Acheter son logement social

Un locataire peut également, sous certaines conditions, bénéficier d’un PTZ pour acquérir le logement social qu’il occupe.

Acheter via un bail réel solidaire

Le PTZ peut également accompagner certaines acquisitions réalisées dans le cadre d’un Bail Réel Solidaire (BRS).

Quel est le montant du PTZ ?

Il n’existe pas un montant unique de PTZ.

La somme pouvant être empruntée dépend principalement :

  • du prix du logement ;
  • du nombre de personnes composant le foyer ;
  • de la localisation du bien ;
  • de la nature du logement ;
  • des revenus du ménage.

Le calcul repose sur un coût d’opération retenu dans une certaine limite, auquel est ensuite appliquée une quotité.

Quelle part du projet peut être financée par le PTZ ?

Pour certaines opérations, le PTZ peut représenter une part importante du financement.

Les quotités générales peuvent atteindre :

  • 50 % pour la première tranche de revenus ;
  • 40 % pour les deuxième et troisième tranches ;
  • 20 % pour la quatrième tranche.

Des règles particulières existent notamment pour les maisons individuelles neuves.

Le montant réellement obtenu doit donc faire l’objet d’une simulation personnalisée.

Exemple de financement avec un PTZ

Prenons l’exemple d’un primo-accédant souhaitant acheter un appartement neuf en VEFA.

Le financement pourrait être construit de la manière suivante :

  • prix du logement : 220 000 € ;
  • apport personnel : 20 000 € ;
  • PTZ : 60 000 € ;
  • prêt Action Logement : 20 000 € ;
  • prêt immobilier classique : 120 000 €.

Dans cet exemple, une partie importante du projet est financée sans intérêts grâce au PTZ.

L’intérêt économique ne se limite donc pas au montant du PTZ : celui-ci permet aussi de réduire la part financée avec un crédit bancaire classique portant intérêts.

Comment rembourse-t-on le PTZ ?

Le remboursement du PTZ dépend de la tranche de revenus du ménage.

Le différé de remboursement

L’une des principales particularités du PTZ est la possibilité de bénéficier d’un différé de remboursement.

Pendant cette période, l’emprunteur rembourse généralement son crédit immobilier principal mais pas encore le capital du PTZ.

Cela permet de limiter les mensualités pendant les premières années du financement.

La période de remboursement

Après le différé éventuel, le capital du PTZ est remboursé progressivement.

La durée totale du prêt peut aller jusqu’à 25 ans.

Quels sont les avantages du PTZ ?

Le PTZ peut considérablement améliorer un financement immobilier lorsqu’un ménage y est éligible.

Aucun intérêt à payer

Le premier avantage est évident : le capital emprunté au titre du PTZ est financé à 0 %.

Pour plusieurs dizaines de milliers d’euros empruntés, l’économie d’intérêts peut être substantielle.

Réduire le coût global du crédit

Chaque euro obtenu à 0 % est un euro qu’il n’est potentiellement pas nécessaire d’emprunter au taux du crédit immobilier classique.

Faciliter l’accession à la propriété

Le PTZ peut augmenter la capacité de financement de certains ménages et permettre de concrétiser un projet qui serait plus difficilement accessible avec un crédit bancaire traditionnel seul.

Profiter d’un remboursement différé

Le différé peut alléger les mensualités durant les premières années.

Cet avantage doit toutefois être intégré correctement dans le calcul des futures échéances.

Quelles sont les limites du PTZ ?

Le PTZ n’est pas un financement gratuit au sens où le capital reste évidemment à rembourser.

Il ne finance pas l’intégralité du logement

Un autre prêt immobilier est nécessaire.

Des conditions de ressources s’appliquent

Tous les ménages ne peuvent pas bénéficier du dispositif.

Des règles différentes selon les logements

Les conditions ne sont pas identiques pour :

  • le neuf ;
  • l’ancien ;
  • une maison ;
  • un appartement ;
  • certaines opérations d’accession sociale.

La banque reste décisionnaire

Être éligible au PTZ ne signifie pas automatiquement obtenir son financement immobilier.

L’établissement prêteur analyse également :

  • les revenus ;
  • les charges ;
  • l’endettement ;
  • l’apport ;
  • la stabilité professionnelle ;
  • le reste à vivre ;
  • la capacité globale de remboursement.

PTZ et VEFA : une combinaison particulièrement fréquente

Le PTZ est souvent utilisé pour financer un premier achat immobilier en VEFA.

Le montage peut associer plusieurs financements à faible coût :

  • PTZ ;
  • prêt Action Logement ;
  • prêt bonifié proposé par une banque ;
  • apport personnel ;
  • crédit immobilier classique.

Cette combinaison peut permettre de diminuer fortement le taux moyen du financement.

Il convient néanmoins de regarder au-delà du seul coût du crédit.

Un logement neuf vendu très cher par rapport au marché local ne devient pas nécessairement un bon investissement simplement parce qu’une partie du financement est obtenue à 0 %.

PTZ ou apport personnel : faut-il utiliser les deux ?

Le PTZ et l’apport personnel ne répondent pas exactement au même objectif.

L’apport peut permettre de financer :

  • certains frais liés à l’acquisition ;
  • une partie du prix du logement ;
  • les frais de garantie ;
  • certains travaux ou équipements.

Le PTZ, lui, complète le financement bancaire.

Dans certains cas, conserver une partie de son épargne plutôt que d’augmenter fortement son apport peut être pertinent. Dans d’autres, un apport plus important permet de réduire le coût du crédit.

Il n’existe donc pas de règle universelle.

Peut-on cumuler le PTZ avec d’autres aides ?

Oui. Selon la situation de l’emprunteur, le PTZ peut être associé à différents dispositifs.

Il peut notamment être combiné avec :

  • un crédit immobilier classique ;
  • certains prêts Action Logement ;
  • des dispositifs d’accession sociale ;
  • certaines aides locales.

Depuis le 1er avril 2025, le PTZ peut également être cumulé avec MaPrimeRénov’ pour certaines opérations de rénovation d’ampleur.

PTZ et résidence principale : quelles obligations ?

Le PTZ est destiné au financement de la résidence principale.

Le logement doit donc, sauf exceptions prévues par la réglementation, être effectivement occupé comme résidence principale.

Il n’est pas conçu comme un financement destiné à réaliser directement un investissement locatif.

La mise en location ultérieure d’un logement financé avec un PTZ est soumise à différentes règles qu’il convient de vérifier avant tout changement d’utilisation du bien.

Quels points vérifier avant de financer son achat avec un PTZ ?

Avant de signer un projet immobilier, il est important de ne pas regarder uniquement le montant du prêt à 0 %.

Il faut analyser :

  • le prix du bien par rapport au marché ;
  • le montant total du financement ;
  • le taux du crédit principal ;
  • le coût de l’assurance emprunteur ;
  • la durée du financement ;
  • les mensualités avant et après le différé ;
  • l’apport restant disponible après l’acquisition ;
  • les charges de copropriété ;
  • la taxe foncière ;
  • les éventuels intérêts intercalaires dans le cadre d’une VEFA.

L’objectif est de déterminer le coût réel de l’opération, et pas uniquement de maximiser le montant du PTZ.

Faites-vous accompagner par un expert pour financer votre projet immobilier

Le PTZ peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros financés sans intérêts et modifier sensiblement l’équilibre d’un projet immobilier. Mais obtenir le PTZ maximal ne suffit pas à rendre une acquisition intéressante : le prix du logement, le crédit complémentaire, l’apport, la durée du financement, les mensualités après le différé et le reste à vivre doivent être analysés ensemble.

Les professionnels référencés sur l’annuaire des Experts du Patrimoine peuvent vous aider à étudier votre capacité d’emprunt, comparer différentes solutions de financement et construire un montage associant PTZ, crédit immobilier, apport personnel et éventuels prêts complémentaires. Avant de vous engager dans l’achat de votre résidence principale, trouvez un conseiller ou un professionnel du financement adapté à votre projet sur les Experts du Patrimoine.

FAQ sur le Prêt à Taux Zéro (PTZ)

Qu’est-ce que le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ?

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est un prêt immobilier aidé par l’État destiné à faciliter l’accession à la propriété. Il permet de financer une partie de l’achat ou de la construction de sa résidence principale sans payer d’intérêts sur la somme empruntée. Il vient obligatoirement compléter un ou plusieurs autres financements.

Qui peut bénéficier du PTZ ?

Le PTZ est accordé sous conditions, notamment de ressources. En principe, l’emprunteur ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l’offre de prêt, sauf exceptions prévues par la réglementation. Le logement financé doit également respecter les conditions d’éligibilité du dispositif.

Quel montant peut-on emprunter avec un PTZ ?

Le montant du PTZ dépend notamment du coût de l’opération retenu dans la limite d’un plafond, du nombre de personnes destinées à occuper le logement, de la localisation du bien et de la nature de l’opération. Le PTZ ne finance qu’une partie du projet immobilier et doit être associé à un autre prêt ou à plusieurs autres financements.

Peut-on utiliser le PTZ pour acheter un logement neuf en VEFA ?

Oui. Sous réserve de respecter les conditions du dispositif, le PTZ peut être utilisé pour financer l’acquisition d’un logement neuf, notamment dans le cadre d’une Vente en l’État Futur d’Achèvement (VEFA). Il peut ainsi compléter un prêt immobilier classique et éventuellement d’autres prêts aidés.

Peut-on acheter un logement ancien avec un PTZ ?

Oui, dans certaines situations. Le PTZ peut notamment financer l’acquisition d’un logement ancien lorsque l’opération respecte les conditions prévues par la réglementation, en particulier concernant la localisation du bien et la réalisation de travaux. Les critères d’éligibilité diffèrent donc de ceux applicables à l’immobilier neuf.

Comment rembourse-t-on un Prêt à Taux Zéro ?

Les modalités de remboursement du PTZ dépendent notamment des revenus de l’emprunteur. Selon la tranche applicable, le remboursement peut comporter une période de différé pendant laquelle aucun capital du PTZ n’est remboursé, suivie d’une période de remboursement. Cette mécanique permet notamment d’alléger les mensualités au début du financement immobilier.

Le PTZ permet-il de financer la totalité d’un achat immobilier ?

Non. Le PTZ est un prêt complémentaire et ne peut pas financer à lui seul l’intégralité de l’acquisition. Il est généralement associé à un prêt immobilier classique et peut, selon la situation de l’emprunteur, être complété par un apport personnel ou d’autres prêts aidés.

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