La France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg appliquent des modèles fiscaux très différents. La France privilégie un cadre national relativement uniforme et propose plusieurs enveloppes fiscales pour l’épargne. La Belgique combine une forte imposition des revenus avec des taxes particulières sur les placements. La Suisse se distingue par l’exonération fréquente des plus-values mobilières privées, mais impose la fortune dans les cantons. Le Luxembourg offre, sous conditions, un traitement favorable aux investissements détenus à long terme et aux transmissions familiales.
Comparer la fiscalité de ces quatre pays ne consiste cependant pas à aligner quelques taux dans un tableau. Il faut prendre en compte l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, les dividendes, les intérêts, les plus-values, la détention d’un patrimoine, l’immobilier, les donations et les successions.
La résidence fiscale reste également déterminante. Détenir un compte bancaire au Luxembourg, un portefeuille en Suisse ou un bien immobilier en Belgique ne permet pas de choisir librement le régime fiscal de ce pays. Dans la majorité des situations, le contribuable doit déclarer ses revenus mondiaux dans son État de résidence, sous réserve des conventions fiscales internationales.
Les informations ci-dessous présentent les règles générales applicables aux personnes physiques au 18 août 2026. Elles doivent être adaptées à la situation familiale, professionnelle et patrimoniale de chaque contribuable.
Tableau comparatif général des fiscalités en 2026
| Critère | France | Belgique | Suisse | Luxembourg |
|---|---|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Barème progressif de 0 à 45 % | Barème progressif de 25 à 50 %, plus additionnels communaux | Impôts fédéral, cantonal et communal | Barème progressif jusqu’à 42 %, majoré de certaines contributions |
| Revenus financiers | PFU de 30 % en principe | Précompte mobilier généralement de 30 % | Imposés avec les autres revenus | Barème progressif, avec régimes particuliers |
| Plus-values mobilières privées | PFU de 30 % en principe | Taxe de 10 % depuis 2026, avec exonération annuelle | Généralement exonérées pour l’investisseur privé | Souvent exonérées après 6 mois si participation inférieure à 10 % |
| Impôt sur la fortune | IFI sur l’immobilier net supérieur à 1,3 M€ | Pas d’impôt général sur la fortune, mais taxe sur certains comptes-titres | Impôt cantonal et communal sur la fortune nette | Aucun impôt sur la fortune des personnes physiques |
| Fiscalité successorale | Jusqu’à 45 % en ligne directe après abattement | Régionale et progressive | Cantonale, descendants souvent exonérés | Très favorable en ligne directe et entre époux |
| Particularité principale | PEA, assurance-vie, PER | Précompte mobilier, TOB et taxe sur les comptes-titres | Plus-values privées exonérées, mais fortune imposée | Exonération possible des plus-values de long terme |
| Organisation territoriale | Essentiellement nationale | Fédérale et régionale | Fédérale, cantonale et communale | Nationale |
Ce tableau constitue une vue d’ensemble. Un taux marginal élevé ne signifie pas que tous les revenus sont imposés à ce taux. De la même manière, l’absence d’impôt général sur la fortune ne signifie pas qu’un patrimoine ne supporte aucune taxe.
Comparaison de l’impôt sur le revenu
La fiscalité des revenus en France
En France, l’impôt sur le revenu repose sur un barème progressif et sur le mécanisme du quotient familial. Pour l’imposition 2026 des revenus de 2025, les tranches applicables à une part sont les suivantes :
| Revenu net imposable par part | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Le taux de 45 % est un taux marginal : seule la fraction du revenu située dans la dernière tranche y est soumise. Les contribuables disposant de revenus très élevés peuvent également supporter la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et, selon les règles en vigueur, la contribution différentielle sur les hauts revenus.
Le système français tient fortement compte de la composition du foyer. Le nombre de parts fiscales, les réductions et les crédits d’impôt peuvent donc modifier sensiblement le montant réellement payé. Le barème 2026 est détaillé par le site officiel de l’administration française.
L’impôt sur le revenu en Belgique
La Belgique applique un barème progressif compris entre 25 et 50 %. À l’impôt fédéral s’ajoutent généralement des centimes additionnels communaux, dont le niveau dépend de la commune de résidence.
| Tranche d’imposition | Taux fédéral |
|---|---|
| Première tranche | 25 % |
| Deuxième tranche | 40 % |
| Troisième tranche | 45 % |
| Tranche supérieure | 50 % |
Une quotité de revenu est exonérée d’impôt et plusieurs réductions peuvent être accordées selon la situation familiale ou la nature des dépenses. Malgré ces correctifs, la fiscalité des revenus professionnels demeure généralement élevée en Belgique, particulièrement pour les revenus supérieurs.
Le SPF Finances confirme que le barème belge progresse de 25 à 50 %.
La fiscalité des revenus en Suisse
La Suisse ne possède pas un taux unique applicable à l’ensemble de son territoire. L’impôt sur le revenu est prélevé à trois niveaux :
- la Confédération ;
- le canton ;
- la commune.
L’impôt fédéral direct atteint un taux maximal de 11,5 %, mais il ne représente qu’une partie de la charge totale. Le taux final dépend du canton, de la commune, du revenu, de la situation familiale et, dans certains cantons, de l’appartenance religieuse.
Deux contribuables disposant du même revenu peuvent donc supporter des charges très différentes selon qu’ils résident à Genève, Lausanne, Zurich, Zoug ou Schwyz. L’Administration fédérale propose un simulateur permettant de comparer les charges cantonales et communales.
Cette concurrence fiscale entre cantons constitue l’une des grandes particularités du système suisse. Parler d’un « taux d’imposition suisse » sans préciser le canton revient donc un peu à donner la météo de l’Europe avec un seul thermomètre.
L’impôt sur le revenu au Luxembourg
Le Luxembourg applique un barème progressif dont le taux marginal atteint 42 %. La contribution au fonds pour l’emploi augmente la charge effective. Selon la catégorie de revenu et la situation du contribuable, le taux maximal peut donc dépasser le taux facial du barème.
Le pays utilise plusieurs classes d’impôt selon la situation familiale. Les couples mariés ou partenaires remplissant les conditions peuvent bénéficier d’une imposition collective.
Le Luxembourg permet également la déduction de certaines dépenses : cotisations sociales, intérêts débiteurs sous conditions, primes de prévoyance-vieillesse ou produits d’assurance éligibles. Ces mécanismes peuvent réduire le revenu imposable, sans transformer pour autant le Luxembourg en territoire dépourvu d’impôt sur le revenu.
Fiscalité des investissements financiers
La fiscalité des placements est probablement le domaine dans lequel les différences entre les quatre pays sont les plus visibles.
Tableau comparatif des revenus et plus-values financières
| Type de revenu ou d’investissement | France | Belgique | Suisse | Luxembourg |
|---|---|---|---|---|
| Dividendes | PFU de 30 % ou barème sur option | Précompte généralement de 30 % | Barème progressif ; retenue suisse de 35 % récupérable sous conditions | Barème progressif, avec exonération possible de 50 % |
| Intérêts | PFU de 30 % ou barème | Précompte généralement de 30 % | Barème progressif | Retenue libératoire de 20 % sur certains intérêts |
| Plus-values sur actions | PFU de 30 % en principe | 10 % après exonération annuelle | Généralement exonérées pour l’investisseur privé | Exonérées après 6 mois si participation inférieure à 10 % |
| Moins-values | Imputables sur les plus-values de même nature et reportables | Imputables selon les règles du nouveau régime | Non déductibles si le gain correspondant est privé et exonéré | Imputation limitée aux revenus de même nature |
| Cryptomonnaies | PFU de 30 % pour la gestion privée, sauf cas particuliers | Intégrées au régime des plus-values financières | Gains privés généralement exonérés ; activité professionnelle imposable | Traitement dépendant de la durée, de la fréquence et de la qualification de l’activité |
| Impôt annuel sur la détention | IFI pour certains actifs immobiliers | Taxe de 0,30 % sur les comptes-titres dépassant 1 M€ | Impôt cantonal sur la fortune nette | Aucun impôt personnel général sur la fortune |
La fiscalité des placements en France
En France, les dividendes, intérêts et plus-values sur valeurs mobilières sont généralement soumis au prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, de 30 %. Celui-ci comprend :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu ;
- 17,2 % de prélèvements sociaux.
Le contribuable peut opter pour le barème progressif. Cette option est globale pour les revenus et plus-values entrant dans le champ du PFU. Elle peut être intéressante pour les foyers faiblement imposés, notamment grâce à l’abattement de 40 % applicable à certains dividendes. Elle peut, à l’inverse, être défavorable pour un contribuable déjà situé dans une tranche élevée.
L’administration confirme que, sans option pour le barème, les revenus mobiliers et plus-values restent soumis à la flat tax de 30 %.
La France se distingue néanmoins par plusieurs enveloppes fiscales.
Le PEA
Le plan d’épargne en actions permet d’investir dans des actions européennes et certains fonds éligibles. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.
Le PEA peut donc être particulièrement avantageux pour une stratégie d’investissement à long terme, à condition de respecter ses plafonds et son univers d’investissement.
L’assurance-vie
L’assurance-vie permet de différer l’imposition tant qu’aucun rachat n’est réalisé. Lors d’un retrait, seule la fraction correspondant aux gains est imposée.
Après huit ans, le souscripteur bénéficie notamment d’un abattement annuel sur les gains retirés de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Selon la date et le montant des versements, le taux d’impôt peut être de 7,5 % ou 12,8 %, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux. Les règles applicables aux retraits sont précisées par l’administration fiscale.
Le PER
Les versements volontaires sur un plan d’épargne retraite peuvent être déductibles du revenu imposable, dans certaines limites. En contrepartie, les sommes sont en principe imposées lors de leur sortie, selon l’origine des versements et le mode de récupération du capital.
La France taxe donc assez fortement les placements ordinaires, mais propose de puissants outils de capitalisation à long terme.
La fiscalité des investissements en Belgique
Les dividendes et intérêts sont généralement soumis à un précompte mobilier de 30 %. Une exonération partielle des dividendes peut cependant permettre de récupérer une partie du précompte : pour les revenus 2026, le plafond annoncé est de 833 € de dividendes, soit une récupération maximale de 249,90 € au taux de 30 %. Le SPF Finances détaille cette exonération.
La nouvelle taxe belge sur les plus-values
Depuis le 1er janvier 2026, la Belgique impose en règle générale les plus-values réalisées par les particuliers sur leurs actifs financiers au taux de 10 %.
Le régime couvre notamment :
- les actions et obligations ;
- les ETF et autres fonds ;
- les options et produits dérivés ;
- certains produits d’assurance des branches 21 et 23 ;
- les devises et l’or d’investissement ;
- les cryptomonnaies.
Une exonération annuelle de 10 000 € par personne est prévue. Une fraction non utilisée peut être reportée dans certaines limites, permettant d’atteindre progressivement une exonération maximale de 15 000 €.
Pour les actifs acquis avant 2026, la valeur au 31 décembre 2025 sert généralement de valeur de référence afin de ne pas imposer les plus-values historiques antérieures à l’entrée en vigueur du régime. Ces règles sont présentées sur la page officielle consacrée à la taxe belge sur les plus-values.
La taxe sur les opérations de bourse
La Belgique prélève aussi une taxe sur certaines acquisitions, ventes et opérations portant sur des valeurs mobilières. Son taux varie selon la nature du produit. Elle peut s’appliquer même lorsque l’intermédiaire financier est établi à l’étranger, auquel cas le contribuable belge peut devoir effectuer lui-même les formalités.
La taxe annuelle sur les comptes-titres
Lorsque la valeur moyenne d’un compte-titres dépasse un million d’euros, une taxe annuelle est susceptible de s’appliquer. Pour les périodes de référence prenant fin à partir du 1er juin 2026, son taux est passé de 0,15 à 0,30 %. Le seuil s’apprécie par compte-titres et non simplement par personne. Le SPF Finances précise le seuil et le nouveau taux de 0,30 %.
La Belgique conserve donc un taux de taxation des plus-values inférieur au PFU français, mais accumule plusieurs couches : précompte mobilier, taxe sur les plus-values, taxe sur les opérations et taxe sur certains comptes-titres.
La fiscalité des placements en Suisse
En Suisse, les dividendes et intérêts sont intégrés au revenu imposable. Leur taxation dépend donc du canton, de la commune et du niveau global de revenu.
Les revenus de capitaux mobiliers suisses peuvent subir un impôt anticipé de 35 %. Celui-ci n’est pas nécessairement une charge définitive : il peut être remboursé ou imputé lorsque les revenus et les avoirs correspondants ont été correctement déclarés. L’Administration fédérale présente ce mécanisme de retenue et de remboursement.
L’exonération des plus-values privées
Les plus-values réalisées sur des titres appartenant à la fortune privée sont généralement exonérées d’impôt sur le revenu. Cette règle peut rendre la Suisse particulièrement intéressante pour un investisseur privilégiant la croissance du capital plutôt que les distributions de dividendes.
Cette exonération n’est toutefois pas absolue. Si l’activité présente un caractère professionnel — volume élevé de transactions, recours important au crédit, détention très courte, utilisation de produits dérivés ou dépendance économique aux gains — le contribuable peut être qualifié de commerçant professionnel de titres. Les gains deviennent alors imposables et peuvent supporter des cotisations sociales.
Le même principe s’applique aux cryptomonnaies : les gains relevant de la gestion normale de la fortune privée sont généralement exonérés, tandis qu’une activité professionnelle est imposable. L’Administration fédérale suisse détaille cette distinction.
L’impôt suisse sur la fortune
En contrepartie de l’exonération fréquente des plus-values, les cantons et communes prélèvent un impôt annuel sur la fortune nette. Son assiette peut comprendre :
- les comptes bancaires ;
- les actions et obligations ;
- les fonds d’investissement ;
- les cryptomonnaies ;
- les immeubles ;
- certains contrats d’assurance ayant une valeur de rachat.
Les dettes sont généralement déductibles. Les taux et abattements varient fortement selon les cantons.
La Suisse peut donc être fiscalement avantageuse pour un portefeuille générant beaucoup de plus-values et peu de revenus distribués, mais moins favorable pour une fortune importante produisant des dividendes élevés.
La fiscalité des placements au Luxembourg
Les intérêts versés par une banque luxembourgeoise à un résident peuvent être soumis à une retenue libératoire de 20 %. Sous conditions, un résident peut également opter pour cette retenue sur certains intérêts versés par un établissement situé dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen.
Une tranche de 1 500 € de revenus de capitaux mobiliers peut être exonérée, portée à 3 000 € en cas d’imposition collective. Les conditions de la retenue libératoire luxembourgeoise sont détaillées par Guichet.lu.
Les dividendes sont en principe intégrés au revenu imposable. Une exonération de 50 % peut toutefois s’appliquer lorsque la société distributrice remplit les conditions prévues, notamment lorsqu’elle est pleinement imposable et située au Luxembourg, dans l’Union européenne ou dans un État conventionné. Guichet.lu présente les conditions de cette exonération.
Les plus-values sur actions au Luxembourg
Le régime dépend principalement de la durée de détention et du pourcentage possédé dans la société.
| Situation | Traitement général |
|---|---|
| Participation inférieure à 10 %, détenue moins de 6 mois | Imposition au barème progressif |
| Participation inférieure à 10 %, détenue plus de 6 mois | Exonération |
| Participation supérieure à 10 %, détenue moins de 6 mois | Imposition au barème progressif |
| Participation supérieure à 10 %, détenue plus de 6 mois | Imposition à la moitié du taux global, sous conditions |
Une participation est notamment considérée comme importante lorsque le contribuable a détenu plus de 10 % du capital au cours des cinq années précédant la cession.
Le Luxembourg favorise ainsi davantage la détention patrimoniale de long terme que les opérations spéculatives. Le tableau officiel du traitement des plus-values confirme l’exonération des participations inférieures à 10 % détenues plus de six mois.
Comparaison de la fiscalité immobilière
| Sujet | France | Belgique | Suisse | Luxembourg |
|---|---|---|---|---|
| Résidence principale | Exonération de la plus-value | Habitation propre exonérée de revenu immobilier | Valeur locative encore imposée selon les règles applicables | Plus-value exonérée |
| Revenus locatifs | Revenus fonciers ou BIC en meublé | Souvent fondés sur le revenu cadastral pour la location privée | Revenus réels imposables | Loyers imposables, charges et intérêts déductibles |
| Plus-value sur investissement immobilier | 19 % + 17,2 %, avec abattements selon la durée | Imposition possible selon le type de bien et la durée | Impôt cantonal sur les gains immobiliers | Barème progressif avant 5 ans ; taux réduit après 5 ans |
| Impôt sur la détention | Taxe foncière et éventuellement IFI | Précompte immobilier régional | Fortune, impôt foncier selon canton et valeur locative | Impôt foncier relativement modéré |
| Droits d’acquisition | Variables, pouvant dépasser 6 % hors émoluments | Fortement variables selon la région | Variables selon le canton | Taux normal de 7 %, avant avantages éventuels |
La France et la plus-value immobilière
En dehors de la résidence principale et des autres cas d’exonération, la plus-value immobilière française est généralement soumise à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Des abattements s’appliquent selon la durée de détention. L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans, tandis que l’exonération des prélèvements sociaux est atteinte après 30 ans. Ces durées sont confirmées par Service-Public.fr.
La fiscalité immobilière suisse
La Suisse impose les gains immobiliers dans tous les cantons. Le taux dépend généralement du montant de la plus-value et de la durée de détention. Les reventes rapides sont davantage taxées afin de pénaliser la spéculation.
La propriété d’une résidence peut également entraîner l’imposition d’une valeur locative théorique. En contrepartie, les intérêts hypothécaires et certaines dépenses d’entretien sont déductibles. L’immeuble entre par ailleurs dans l’assiette de l’impôt cantonal sur la fortune. Les principes de l’imposition immobilière suisse sont présentés sur le portail officiel ch.ch.
La plus-value immobilière au Luxembourg
La vente de la résidence principale est exonérée. Pour les autres biens, une cession réalisée moins de cinq ans après l’acquisition est généralement considérée comme spéculative et soumise au barème progressif.
Après cinq ans, la plus-value bénéficie en principe d’une imposition à la moitié du taux global, soit un taux maximal de 21 % hors contributions complémentaires. Un abattement décennal peut également s’appliquer. Les règles luxembourgeoises sont détaillées par Guichet.lu.
Impôt sur la fortune et détention d’un patrimoine
France : un impôt concentré sur l’immobilier
La France ne taxe plus l’ensemble du patrimoine, mais applique l’impôt sur la fortune immobilière. L’IFI concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable excède 1,3 million d’euros au 1er janvier.
Les actifs financiers ordinaires ne sont pas imposables, mais les fractions immobilières de certaines sociétés, unités de compte ou participations peuvent entrer dans l’assiette. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 %. Les biens concernés par l’IFI sont présentés sur Service-Public.fr.
Belgique : pas d’impôt global, mais une taxe sur certains comptes
La Belgique ne possède pas d’impôt général annuel portant sur l’ensemble de la fortune des personnes physiques. La taxe sur les comptes-titres de plus d’un million d’euros joue néanmoins un rôle proche pour certains patrimoines financiers.
Suisse : une imposition annuelle de la fortune nette
La Suisse est le seul des quatre pays à imposer largement la fortune mobilière et immobilière des particuliers. Cette imposition est cantonale et communale. Les taux restent souvent modérés, mais deviennent significatifs pour les patrimoines importants.
Luxembourg : aucun impôt personnel sur la fortune
Le Luxembourg a supprimé l’impôt sur la fortune des personnes physiques en 2006. Les sociétés peuvent en revanche rester soumises à un impôt sur la fortune selon leur forme et leur situation. Cette suppression est rappelée sur le portail officiel luxembourgeois.
Donations et successions : quel pays est le plus favorable ?
| Transmission en ligne directe | France | Belgique | Suisse | Luxembourg |
|---|---|---|---|---|
| Abattement ou exonération | 100 000 € par parent et par enfant | Dépend de la région | Descendants souvent exonérés | Part légale exonérée |
| Taux principal | 5 à 45 % après abattement | Barème régional progressif | Variable selon le canton | 0 % sur la part légale ; taux modérés au-delà |
| Conjoint survivant | Exonéré de succession | Traitement régional favorable, mais variable | Généralement exonéré | Exonéré |
| Donations | Abattement renouvelable après 15 ans | Régime souvent favorable pour les donations mobilières enregistrées | Variable selon le canton | Taux généralement faibles en ligne directe |
La France applique en ligne directe un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans pour les donations. Au-delà, le barème progresse de 5 à 45 %. Le barème 2026 n’a pas été modifié par la loi de finances, selon Service-Public.fr.
En Belgique, les droits de succession et de donation dépendent de la Région flamande, wallonne ou de Bruxelles-Capitale. Les différences peuvent être importantes. Les donations mobilières enregistrées bénéficient généralement de taux inférieurs aux droits de succession.
En Suisse, il n’existe pas d’impôt fédéral sur les successions. Tous les cantons sauf Obwald et Schwyz en prélèvent un, mais les époux et descendants sont généralement exonérés. Les règles varient néanmoins selon le canton, comme le rappelle le portail officiel suisse.
Au Luxembourg, la part légale recueillie en ligne directe est exonérée. La part extralégale supporte des droits généralement limités, tandis que les transmissions entre époux ou partenaires remplissant les conditions bénéficient d’une exonération. Le barème luxembourgeois des droits de succession est donc particulièrement favorable aux transmissions familiales.
Quel pays possède la fiscalité la plus avantageuse ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le classement dépend de la nature des revenus et du patrimoine.
Pour un investisseur en actions orienté vers les plus-values
La Suisse peut être particulièrement intéressante lorsque les gains relèvent de la gestion privée. Leur exonération doit toutefois être mise en balance avec l’impôt annuel sur la fortune et l’imposition des dividendes.
Le Luxembourg est également favorable pour les participations inférieures à 10 % détenues plus de six mois.
Pour un investisseur utilisant des enveloppes fiscales
La France dispose d’outils très efficaces pour une stratégie de long terme : PEA, assurance-vie et PER. En dehors de ces enveloppes, le PFU de 30 % est sensiblement plus lourd que la taxe belge de 10 % sur les plus-values ou que les exonérations suisse et luxembourgeoise.
Pour un portefeuille produisant beaucoup de dividendes
Le Luxembourg peut être intéressant lorsque les dividendes bénéficient de l’exonération de 50 %. La France offre un cadre prévisible avec le PFU de 30 %. La Belgique applique généralement le même taux de 30 %, malgré une exonération limitée. En Suisse, les dividendes rejoignent les autres revenus et peuvent donc subir un taux marginal élevé.
Pour un patrimoine immobilier important
La France peut devenir moins favorable en raison de l’IFI. La Suisse taxe également l’immobilier au titre de la fortune et, selon les règles locales, de la valeur locative. La Belgique et le Luxembourg ne possèdent pas d’impôt général équivalent sur la fortune immobilière des particuliers, mais appliquent leurs propres taxes locales, droits d’acquisition et règles sur les revenus immobiliers.
Pour préparer une transmission familiale
Le Luxembourg et de nombreux cantons suisses apparaissent souvent plus favorables que la France. La Belgique peut également offrir de bonnes possibilités d’anticipation grâce aux donations mobilières, mais la région de résidence et la durée séparant la donation du décès sont essentielles.
Résidence fiscale et conventions internationales : le point à ne pas négliger
Un contribuable ne devient pas résident luxembourgeois parce qu’il possède une assurance-vie au Luxembourg. Il ne bénéficie pas automatiquement de l’exonération suisse des plus-values parce que ses titres sont déposés dans une banque à Genève.
La résidence fiscale est déterminée à partir d’éléments concrets :
- le foyer permanent d’habitation ;
- le lieu de séjour principal ;
- le centre des intérêts économiques ;
- l’activité professionnelle ;
- les liens personnels et familiaux ;
- les critères prévus par les conventions fiscales.
Lorsqu’une personne possède des liens avec plusieurs États, la convention fiscale applicable permet généralement de départager les résidences et d’attribuer le droit d’imposer les différentes catégories de revenus.
Un changement de résidence peut aussi déclencher une exit tax, une imposition latente ou des obligations déclaratives particulières. Depuis 2026, la Belgique prévoit notamment un dispositif d’exit tax sur certains actifs financiers lors d’un départ à l’étranger. La France dispose également de son propre régime d’exit tax.
France, Belgique, Suisse ou Luxembourg : ce qu’il faut retenir
La France combine une fiscalité relativement élevée avec des enveloppes d’investissement très performantes. Elle peut être intéressante pour un épargnant utilisant correctement le PEA, l’assurance-vie et le PER, mais devient plus lourde pour les portefeuilles ordinaires et les patrimoines immobiliers importants.
La Belgique impose fortement les revenus et les revenus mobiliers. Depuis 2026, les plus-values financières sont taxées à 10 % après exonération annuelle. Ce taux reste mesuré, mais doit être additionné aux différentes taxes frappant les opérations et certains comptes-titres.
La Suisse favorise les plus-values privées, généralement exonérées, mais taxe les revenus financiers et la fortune nette. Le choix du canton peut modifier profondément le résultat final.
Le Luxembourg offre un cadre favorable aux investissements détenus à long terme, à certains dividendes et aux transmissions familiales. Son impôt sur le revenu demeure toutefois progressif et peut atteindre un niveau significatif.
La meilleure juridiction fiscale n’est donc pas nécessairement celle qui affiche le taux le plus faible. Elle est celle dont les règles correspondent à la nature des revenus, à la composition du patrimoine, à l’horizon d’investissement et aux objectifs de transmission.
Avant une expatriation, une cession importante, un transfert de portefeuille ou une réorganisation patrimoniale internationale, il est indispensable de réaliser une étude personnalisée. Les experts référencés dans l’annuaire des Experts du Patrimoine peuvent accompagner les particuliers, investisseurs, dirigeants et familles internationales dans l’analyse de leur résidence fiscale, de leurs investissements et de leurs projets de transmission.