Le point conjoncturel de Lazard Frères Gestion dresse un panorama contrasté de la situation économique mondiale.
Aux États-Unis, la première rencontre entre l’administration Trump et la Chine a permis un allègement temporaire des droits de douane, ramenés à 10 % pour 90 jours. Si cette détente modère les tensions commerciales, les droits moyens restent élevés (15 %), maintenant un choc significatif sur l’économie américaine. Malgré une activité globalement résiliente — notamment un marché de l’emploi solide — le scénario central reste celui d’un ralentissement, alimenté par des signaux faibles dans les enquêtes économiques et la montée des incertitudes politiques.
En zone euro, la croissance semble en légère reprise, tirée artificiellement par l’Irlande. La France et l’Allemagne affichent une croissance quasi nulle. Les indicateurs d’enquête, comme le PMI, suggèrent une stagnation à venir, en particulier dans les services. L’investissement privé et les exportations vers les États-Unis sont menacés par les tensions commerciales, notamment sur les produits pharmaceutiques. Malgré cela, la BCE devrait poursuivre son cycle de baisse des taux, aidée par un pic d’inflation jugé transitoire.
Au Royaume-Uni, la croissance est freinée par l’inflation persistante dans les services et une activité industrielle et immobilière en berne. Si une baisse des taux a été amorcée en mai, les marges de manœuvre budgétaires restent limitées. Le pays fait face à une hausse du coût de la dette, des recettes fiscales décevantes, et un programme social coûteux. Le rebond de début d’année semble ponctuel, et les perspectives restent dégradées.