Trump, inflation, croissance : la boussole économique sous pression

Les marchés n’aiment ni l’imprévisibilité ni les revirements de dernière minute. Or, depuis le « Liberation Day » et sa salve de menaces tarifaires, Donald Trump brouille sérieusement le scénario macroéconomique mondial, rendant tout pronostic plus fragile qu’un tweet présidentiel.

Pour Emmanuel Auboyneau, gérant privé chez Amplegest, il faut cependant garder le cap : pas de récession en vue, mais un ralentissement progressif de l’inflation, dans un contexte volatil. Le président américain, après avoir brandi des droits de douane astronomiques, entre en phase de négociation, signant un premier accord avec le Royaume-Uni et laissant entrevoir des issues similaires avec l’UE et la Chine. La menace d’un scénario catastrophe semble donc s’éloigner.

Aux États-Unis, l’économie réelle tient bon, mais les indicateurs avancés pointent un ralentissement : le rebond mécanique attendu au deuxième trimestre ne masque pas la fragilité sous-jacente. L’inflation reste contenue, mais pourrait repartir temporairement à la hausse si les droits de douane venaient à être activés. De quoi maintenir la Réserve fédérale sur ses gardes, même si une à deux baisses de taux d’ici fin 2025 restent probables.

En Europe, le ton est plus optimiste. L’Allemagne surprend avec un rebond, sans doute dopé par une production de précaution face aux menaces douanières. L’Italie et l’Espagne montrent des signes de reprise, quand la France reste à la traîne, freinée par un contexte politique tendu. L’inflation sous contrôle laisse à la BCE toute latitude pour continuer sa détente monétaire.

Quant à la Chine, elle peine à relancer durablement sa croissance, malgré les plans budgétaires et monétaires successifs. Sa trajectoire dépendra largement de l’issue des négociations commerciales avec Washington. Si de nouveaux droits de douane sont imposés, les autorités chinoises devront redoubler d’efforts pour soutenir l’activité.

Dans ce climat incertain, Amplegest reste fidèle à sa stratégie : pas de mouvement tactique, mais une gestion équilibrée des expositions géographiques et sectorielles, avec la conviction que la volatilité actuelle s’atténuera progressivement d’ici la fin de l’année.

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