Taux longs : les banques centrales face à un test de crédibilité

Les marchés obligataires traversent une zone de fortes turbulences. Aux États-Unis, la récente dégradation de la note souveraine par Moody’s et l’adoption laborieuse d’un vaste programme de baisses d’impôts ont contribué à propulser les taux à 30 ans jusqu’à 5,15 %, un niveau inédit depuis des années. L’onde de choc ne s’est pas arrêtée aux frontières américaines. Elle s’est propagée rapidement aux autres économies développées, poussant les taux longs à la hausse sur l’ensemble de la planète financière, du vieux continent à l’Asie, où les emprunts d’État japonais (JGB) à 30 ans flirtent désormais avec les 3 %.

Dans cette publication, Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, décrypte un phénomène symptomatique d’une défiance grandissante : envers la capacité des gouvernements à maîtriser leurs budgets d’une part, et envers la crédibilité des banques centrales à contenir durablement l’inflation d’autre part. Car ces tensions sur les taux longs ne traduisent en rien un regain d’optimisme sur la croissance mondiale, mais bien une perte de confiance systémique.

Le dilemme est désormais clair : les banques centrales peuvent-elles encore garder la main, tout en préservant leur indépendance ? Face aux déséquilibres budgétaires alimentés par les politiques de défense et les mesures protectionnistes, la tentation pourrait être grande pour les exécutifs de dicter le tempo monétaire. Mais c’est précisément la résistance à cette pression politique qui fera toute la différence.

Lire la publication

Plus de publications