Alors que la plupart des investisseurs continuent de parier sur une baisse des taux directeurs des banques centrales, les taux longs — américains, européens, et désormais japonais — poursuivent leur ascension, prenant à revers une grande partie du marché. Pour Matthieu Bailly, cette hausse des taux longs n’est pas accidentelle, mais reflète des dynamiques profondes et durables.
Il identifie plusieurs moteurs structurels de cette tension : une inflation persistante dans les pays développés, des banques centrales moins présentes sur le marché obligataire, et une perte d’attractivité relative des dettes souveraines occidentales face à un monde plus bipolaire (repli géopolitique, montée en puissance des émergents, dégradation du crédit public en zone euro). Dans ce contexte, les dettes publiques longues deviennent, selon lui, de plus en plus spéculatives et incompatibles avec l’objectif traditionnel de sécurité d’un portefeuille obligataire.
Côté crédit, la prudence est également de mise. Si les bilans des entreprises restent solides à court terme, la visibilité sur leurs perspectives est très faible. Résultat : un positionnement court s’impose, tant pour limiter le risque de taux que pour protéger le portefeuille de potentielles dégradations de crédit.
Seul segment à tirer son épingle du jeu : la dette bancaire (hors immobilier), qui offre aujourd’hui des bilans solides, une meilleure visibilité, et des primes de crédit attractives, notamment sur les obligations subordonnées. D’où une forte surpondération de ce secteur dans le fonds Octo Crédit Value.
Une analyse détaillée qui invite à revoir en profondeur ses arbitrages obligataires dans un environnement devenu bien plus incertain.