Quand la finance se pique d’humour, cela donne TACO – Trump Always Chickens Out. Lancé début mai dans une chronique caustique du Financial Times, l’acronyme a rapidement fait son chemin sur les marchés. Et pour cause : depuis le « Liberation Day » du 2 avril, les volte-face successives de Donald Trump sur les droits de douane semblent valider cette lecture moqueuse, au grand bénéfice des investisseurs. Ces derniers n’ont pas hésité à profiter des creux pour se repositionner, avec succès : le rendement moyen du S&P 500 après une séance baissière est le plus élevé depuis 30 ans.
Mais attention à ne pas prendre la boutade pour un indicateur fiable. Comme le souligne Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire chez Auris Gestion, la stratégie de repli de Trump n’a rien de systématique. Elle est dictée par un ego politique qui déteste céder, et pourrait bien se raidir face à la provocation. Ses dernières décisions – comme le doublement des taxes sur l’acier et l’aluminium – montrent qu’il n’a pas renoncé à son bras de fer commercial.
Ironie du sort, c’est peut-être la justice américaine qui pourrait offrir au président une sortie sans humiliation. Le Tribunal du commerce international vient d’invalider une large part des droits de douane imposés au nom de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), estimant qu’un déséquilibre commercial n’était pas une « urgence nationale ». Résultat : le pouvoir exécutif perd un levier majeur, et se voit contraint de passer par un Congrès… peu enclin à le suivre.