Depuis l’investiture de Donald Trump, le moral des ménages américains s’effondre, l’inflation perçue s’envole, et les menaces commerciales ressurgissent. Dans une analyse fouillée, Florent Wabont (Ecofi) interroge un phénomène aussi déroutant qu’actuel : assiste-t-on à un nouvel épisode de vibecession, ce sentiment généralisé de récession sans récession réelle, popularisé après la pandémie ?
Alors que l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan plonge et que les anticipations d’inflation à un an atteignent 7,3 %, la consommation ne montre pour l’instant aucun fléchissement majeur. Mais les signaux s’accumulent : fin des soutiens budgétaires, tensions sur l’emploi, baisse de la popularité de Trump, prudence des PME, et remontée des taux d’intérêt sur fond de défiance vis-à-vis de la dette américaine.
Le ralentissement paraît désormais plus probable qu’un véritable effondrement, notamment parce que les ménages aisés — grands contributeurs à la consommation — peuvent amortir les hausses de prix, et que les services, moins exposés aux importations, dominent la demande.
Une analyse lucide et nuancée qui explore les limites de la résilience américaine, dans un climat politique et économique de plus en plus instable.