Le cuivre, héros discret de la transition énergétique ?

Dans un article passionnant, Marion Balestier, gérante matières premières, et Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières chez OFI Invest Asset Management, braquent les projecteurs sur un métal qu’on croyait ordinaire, mais qui pourrait bien devenir stratégique : le cuivre.

Derrière son allure modeste, le cuivre cache une polyvalence exceptionnelle. Conducteur hors pair – juste derrière l’argent – malléable, résistant à la corrosion, recyclable, antimicrobien… Il cumule les superpouvoirs. Présent dans les habitations, les réseaux électriques, les équipements électroniques ou médicaux, il devient le métal-clé de l’électrification mondiale.

Les auteurs rappellent que la transition énergétique, loin de se résumer à produire propre, repose sur une réalité plus brute : le besoin massif de métaux pour capter, transporter et stocker l’énergie. Le cuivre, utilisé dans les panneaux solaires, les éoliennes, les batteries ou encore les véhicules électriques, incarne ce basculement industriel. Une centrale photovoltaïque peut consommer jusqu’à 7 tonnes de cuivre par mégawatt. Une simple turbine éolienne ? Plus de 300 kg.

Le constat est clair : la demande de cuivre va exploser. Mais face à elle, l’offre reste contrainte : limites géologiques, tensions géopolitiques, concentration des gisements. Et ce n’est pas la Chine, qui représente à elle seule près de 60 % de la consommation mondiale, qui fera baisser la pression. Même avec un secteur immobilier en repli, sa demande reste dynamique, portée par les nouveaux usages liés à la transition énergétique.

Pour Balestier et Louvet, le message est sans équivoque : la bataille du climat se jouera aussi sur les marchés de matières premières. Et dans cette bataille, le cuivre n’est plus un simple matériau : il devient un actif stratégique, au cœur de la souveraineté énergétique et industrielle.

Lire la publication

Plus de publications