Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe semblaient prêtes à franchir un nouveau palier, Washington choisit finalement de temporiser. Les droits de douane de 50 % promis par Donald Trump pour le 1er juin attendront. Un échange avec Ursula von der Leyen a suffi à repousser l’échéance au 9 juillet, ouvrant une brève fenêtre de négociation de six semaines. Une reculade ? Plutôt un calcul.
Car depuis plusieurs mois, la stratégie américaine repose moins sur l’exécution que sur la menace. L’objectif : forcer ses partenaires à négocier sans plomber l’économie domestique à court terme. Résultat immédiat sur les marchés : rebond de l’euro, soulagement des actions, mais un climat d’incertitude qui persiste, renforcé par le blocage budgétaire au Congrès.
La Fed, lucide sur cette instabilité, joue la montre. Pas de baisse de taux en vue avant septembre au mieux, en attendant des signaux plus nets sur l’inflation, le travail et la trajectoire budgétaire. En Europe, le ton est plus confiant : la BCE profite d’un ralentissement de la dynamique salariale (+2,4 % au T1 contre +4,1 % fin 2024), signe d’un reflux des tensions inflationnistes. Deux baisses de taux d’ici fin 2025 sont désormais sur la table.
En toile de fond, l’Allemagne pose les premières pierres d’un grand projet de réarmement, prévu jusqu’en 2029. Un plan qui pourrait à terme relancer l’investissement, la demande intérieure et une réindustrialisation à l’échelle européenne.
Lisa Van Hoorde, analyste chez Auris Gestion, signe ici une analyse précise et nuancée d’un paysage économique en mouvement, où chaque recul tactique cache souvent une manœuvre d’envergure.