Après une année 2024 marquée par une forte correction des prix et un ralentissement des transactions, le marché immobilier français amorce en 2025 une reprise progressive, bien que contrastée selon les territoires et les segments. Cette dynamique est portée par la baisse des taux d’intérêt, des prix plus accessibles et des mesures gouvernementales incitatives. Cependant, des défis structurels persistent, notamment en matière de rénovation énergétique et d’investissement locatif.
Une reprise timide des transactions
Le premier trimestre 2025 enregistre une hausse de 12 % du volume des transactions au niveau national par rapport à la même période en 2024, selon le réseau Laforêt. Cette progression est particulièrement notable en Île-de-France (+13 %) et en régions (+12 %), reflétant un regain d’activité après une année 2024 difficile. La FNAIM anticipe environ 825 000 transactions pour l’ensemble de l’année 2025, contre 775 000 en 2024, soit une augmentation de 6 %. Cette reprise est soutenue par une amélioration des conditions de crédit. En février 2025, la production de crédits à l’habitat (hors renégociations) atteint 10,7 milliards d’euros, en hausse de 55 % par rapport à février 2024. Le taux d’intérêt moyen des nouveaux prêts s’établit à 3,27 %, contre 3,32 % en janvier, facilitant l’accès au financement pour les acquéreurs.
Des prix en phase de stabilisation
Après une baisse généralisée des prix en 2024, le marché immobilier semble se stabiliser en 2025. Selon les notaires de France, la baisse annuelle des prix des logements anciens s’atténue, passant de -2,1 % en 2024 à -0,7 % en février 2025. À Paris, le prix moyen au mètre carré est estimé à 9 420 €, en recul de 1,4 % sur un an. Certaines métropoles affichent toutefois des hausses significatives, comme Marseille (+4 %), Toulouse (+5 %) et Perpignan (+11 %), portées par une attractivité croissante et une offre limitée.
Des délais de vente allongés
Malgré la reprise des transactions, les délais de vente s’allongent légèrement. Au niveau national, ils atteignent en moyenne 98 jours au premier trimestre 2025, soit une augmentation de 2 jours par rapport à la même période en 2024. En Île-de-France, les délais dépassent pour la première fois ceux des régions, avec 101 jours contre 99 jours.
Un marché locatif sous pression
L’investissement locatif connaît une baisse notable, représentant moins de 20 % des achats immobiliers en 2025, contre 32,5 % en 2021. Cette désaffection s’explique par des contraintes réglementaires accrues, notamment l’interdiction progressive de louer des logements classés F et G en termes de performance énergétique, et la fin du dispositif Pinel. Par ailleurs, les marges de négociation continuent de progresser, atteignant 8,0 % en janvier 2025, en hausse de 12 % sur un an. Cette tendance concerne tant les appartements (7,5 %, +10 %) que les maisons (8,5 %, +14 %).
Des mesures gouvernementales pour soutenir le marché
Face aux défis du secteur, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour stimuler l’activité immobilière. Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) a été élargi aux logements neufs sur l’ensemble du territoire, visant à dynamiser le marché du neuf . Des incitations fiscales ont également été introduites pour l’investissement locatif, notamment avec l’adaptation du dispositif Pinel+ et le développement de baux locatifs à prix encadré. Cependant, l’impact de ces mesures reste à évaluer, leur efficacité dépendant de la capacité des acteurs du marché à adapter leur offre aux nouvelles attentes des acquéreurs et investisseurs.
Perspectives pour le reste de l’année
Le marché immobilier français en 2025 montre des signes encourageants de reprise, portés par des conditions de crédit plus favorables et des prix stabilisés. Néanmoins, la prudence reste de mise, en raison de disparités régionales, de délais de vente allongés et d’un marché locatif sous tension. Les mois à venir seront déterminants pour confirmer cette tendance et évaluer l’impact des mesures gouvernementales sur la dynamique du secteur.