Alors que les tensions commerciales sino-américaines avaient ravivé les craintes de récession, l’annonce d’un assouplissement des droits de douane le 12 mai marque un tournant significatif dans le climat économique mondial. En adoptant une posture moins agressive vis-à-vis de la Chine, l’administration américaine offre un bol d’air aux marchés et aux prévisionnistes. Résultat : baisse de la volatilité, resserrement des spreads de crédit, et regain d’optimisme chez les investisseurs. Mais cette accalmie apparente cache-t-elle une réalité plus nuancée ?
Dans cette nouvelle édition de la lettre hebdomadaire, François-Xavier Chauchat décrypte les récents signaux économiques aux États-Unis et leur impact sur les anticipations de marché. Si les modèles économiques, comme celui de la Fed d’Atlanta, suggèrent une consommation robuste au deuxième trimestre (+3,7 % selon GDPNow), les économistes peinent à y voir clair. D’un côté, les statistiques officielles témoignent d’un marché du travail toujours solide et d’une consommation résiliente. De l’autre, les enquêtes de perception continuent de refléter une inquiétude persistante face à un risque de récession qui, pour l’instant, ne se matérialise pas.
Ce décalage croissant entre sentiment et réalité alimente une interrogation de fond : les outils statistiques traditionnels sont-ils encore pertinents à l’ère de l’hyperpolarisation et de la saturation informationnelle ? Le cas du marché de l’emploi américain — où les craintes de licenciements coexistent avec des chiffres stables — illustre parfaitement ce paradoxe.
Au final, les signaux envoyés par les marchés et les autorités monétaires convergent : les risques macroéconomiques sont aujourd’hui perçus comme moindres. Si un ralentissement économique devait survenir, la Réserve fédérale resterait en embuscade, prête à ajuster sa politique. Dans ce contexte, les fonds flexibles de Dorval AM conservent un positionnement opportuniste mais prudent.
