Il y a des passages de relais qui marquent l’histoire. Warren Buffett, le légendaire investisseur de Berkshire Hathaway, quitte la scène après 60 ans de règne sans partage sur le monde de l’investissement, fort d’une performance cumulée de +5 502 284 % depuis 1965. Alors que l’oracle d’Omaha raccroche, une autre figure industrielle attire l’attention : Harmony Gold, géant sud-africain de l’or, qui vient de faire un pari audacieux sur le cuivre, en rachetant Mac Copper.
Pourquoi un producteur d’or se lance-t-il dans le cuivre ? Pierre Pincemaille, Secrétaire général de la Gestion chez DNCA, y voit un double signal fort. D’une part, l’électrification de l’économie, illustrée par le récent contrat entre Meta et Constellation Energy, pousse la demande en cuivre à des sommets. D’autre part, Harmony Gold capitalise sur son savoir-faire dans l’exploitation minière difficile – un atout précieux alors que les grandes mines de cuivre, comme celle de Kahula en RDC, font face à des défis géologiques majeurs.
Dans ce contexte déjà tendu, les États-Unis viennent rajouter leur grain de sable : après avoir doublé les droits de douane sur l’aluminium et l’acier, une enquête vise désormais les importations de cuivre, provoquant une flambée des prix sur le COMEX et un exode des stocks physiques vers le territoire américain. Résultat : le prix new-yorkais du cuivre cote désormais 15 % au-dessus de son équivalent londonien.
À plus long terme, les perspectives restent structurellement haussières. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’offre minière ne couvrira que 70 % des besoins d’ici 2030. Une dynamique qui renforce la place des métaux de la transition – cuivre en tête – comme actifs stratégiques dans un monde qui remet en question l’hégémonie du dollar.
Buffett part, mais l’intuition long terme reste reine.